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Accompagnement > Diagnostics climatiques > Evolution du climat en Nouvelle-Calédonie selon la TRACC
Le climat de la Nouvelle-Calédonie est de type tropical, caractérisé par la prédominance d’un temps sec et l’omniprésence de l’alizé de secteur sud-est qui dépose fréquemment des pluies faibles et éparses (5-10 mm) sur les contreforts est et sud de la Grande Terre. Du fait de la proximité de l’archipel avec le Tropique du Capricorne le climat du « Caillou » se distingue par : • une amplitude thermique annuelle marquée, avec un écart de température moyenne entre les mois les plus frais (juillet-août) et les mois les plus chauds (janvier-février-mars) supérieur à 5 °C. • la survenue d’épisodes pluvieux généralisés et intenses (supérieurs à 100 mm par endroits) lorsque l’archipel subit les assauts de la zone de convergence du Pacifique sud, d’un phénomène cyclonique ou d’une dépression subtropicale ; ces épisodes concernent en moyenne 20 jours par an et représentent l’équivalent de 50 % du cumul annuel des précipitations. • la circulation rapide d’est en ouest d’un temps perturbé durant l’hiver austral qui déclenche des averses faibles et éparses sur le quart sud-ouest et la pointe sud de la Grande Terre. On peut définir trois saisons en Nouvelle-Calédonie : • la saison chaude et pluvieuse de janvier à mars, durant laquelle on enregistre le pic de l’activité cyclonique, les épisodes de fortes chaleur (jusqu’à 32-35°C) et les pluies les plus abondantes (supérieures à 100 mm en 24 heures). • la saison fraîche de juillet à août, modérément pluvieuse, qui se distingue par les températures les plus basses de l’année (température minimale <10° C par endroits). • la saison sèche de septembre à octobre, marquée par l’absence de pluie et l’omniprésence de l’alizé, ce qui provoque l’assèchement de la végétation, des sols et des cours d’eau. Ce cycle saisonnier est contrarié par le phénomène El Niño Southern Oscillation (ENSO), notamment en saison chaude et pluvieuse : les périodes El Niño sont caractérisées par un risque accru de sécheresse, les périodes La Niña par un risque accru de fortes pluies. Pour plus de détails sur le climat de la Nouvelle-Calédonie : consulter les rubriques du site https://wwww.meteo.nc/climat.
TempératuresEn Nouvelle-Calédonie, l’évolution de la température de l’air à 2 m est mesurée à partir des données issues de 9 stations de référence possédant des mesures homogénéisées depuis plus de 50 ans, réparties sur l’ensemble de la Grande Terre et les îles Loyauté (Figures 1 et 2). L’analyse de ces tendances révèle une hausse significative de +0,21 °C par décennie, soit +1,2 °C sur la période 1969-2024. La température moyenne des dix dernières années (2015-2024) est de 23,9°C, soit un écart de 0.3°C par rapport à la référence 1991-2020. Les trois années les plus chaudes sont 2022 (+1,2 °C), 1998 (+1,0 °C) et 2010 (+0,6 °C). Figure 1 : écart à la normale 1991-2020 de la température moyenne annuelle enregistrée en Nouvelle-Calédonie depuis 1969 (en °C). Figure 2 : Tendance par décennie de la moyenne annuelle des températures moyennes quotidiennes relevées en Nouvelle-Calédonie pour un ensemble de 9 stations depuis 1969. Les « bandes de réchauffement » (warming stripes en anglais) offrent une synthèse visuelle de ce réchauffement (Figure 3). Par rapport à la période de référence 1991-2020, la plupart des années anormalement « fraîches » (bandes bleues) se sont produites avant 1995. Figure 3 : « bandes de réchauffement » de la Nouvelle-Calédonie pour les 9 stations de référence L’augmentation de la température moyenne relevée en Nouvelle-Calédonie au cours des 5 dernières décennies est cohérente avec les résultats obtenus sur d’autres îles et territoires du Pacifique sud (McGree, 2019). D’autres indicateurs permettent de mettre en évidence les effets du réchauffement climatique en Nouvelle-Calédonie, comme le nombre de jours chauds, pour lesquels la température maximale excède 32 °C (Figure 4). Par exemple à Koumac ce nombre augmente notablement depuis 2000, passant de 5 jours en moyenne décennale à la fin des années 1970 à plus de 13 entre 2015 et 2024. Figure 4 : Nombre moyen annuel de jours chauds (température maximale supérieure ou égale à 32 °C) à Koumac depuis 1965.
PrécipitationsEn saison chaude et pluvieuse les précipitations sont largement influencées par la position de la Zone de Convergence du Pacifique Sud. La totalité du territoire peut être concernée par un épisode pluvio-orageux généralisé, avec des cumuls qui dépassent par endroit 100 mm en 24 heures. Durant la saison sèche les pluies sont par endroits inexistantes, notamment sur la côte ouest de la Grande Terre. Qu’il s’agisse des pluies éparses apportées par un flux d’alizé humide ou des pluies à caractère orageux d’origine tropicale, les quantités d’eau déversées sont modulées par le relief (Figure 5): les îles Loyauté, la côte est et la pointe Sud de la Grande Terre sont plus arrosées que les plaines de la côte ouest. Pendant la saison fraîche, le quart sud-ouest de la Grande Terre, la pointe Sud et l’île de Maré connaissent un regain d’activité pluvieuse en raison des perturbations australes qui circulent d’ouest en est sur la Mer de Tasman. Figure 5 : Valeurs moyennes sur la période 1991-2020 des pluies annuelles relevées sur la Nouvelle-Calédonie pour un ensemble de 20 stations de référence. L’évolution du cumul annuel de précipitations sur 20 stations météorologiques possédant des données homogénéisées et sans manque depuis 1965 montre une forte variabilité inter-annuelle et décennale de la pluviométrie, sans tendance claire à ce jour (Figure 6). Figure 6 : Écart à la référence moyenne 1991-2020 (en %) de l’indice annuel des précipitations calculé à partir de 20 stations de référence réparties sur l’ensemble du territoire. À l’échelle mensuelle, seuls les cumuls enregistrés en avril et en juin présentent un changement significatif sur le long terme depuis 1965. Sur l’ensemble de la Grande Terre et des îles, les quantités de pluies relevées en juin diminuent au fil des décennies (Figure 7). La tendance est significative pour les 20 postes pluviométriques. En moyenne, la baisse vaut 14 mm/décennie, ce qui équivaut par décennie à 15 % de la quantité habituellement mesurée. Ce résultat est cohérent avec la baisse des pluies déjà mise en évidence dans les îles subtropicales du Pacifique sud-ouest (îles Lord Howe, Norlfolk et Raoul) (McGree, 2019) Figure 7 : Tendance par décennie du cumul des pluies enregistré en juin en Nouvelle-Calédonie pour un ensemble de 20 stations depuis 1965. Les cumuls mesurés en avril ont tendance à augmenter au fil des décennies (Figure 8). Pour la moitié des stations, on estime cependant que l’augmentation n’est pas significative*. Là où la tendance se distingue des variations d’une année à l’autre, la hausse s’échelonne entre 8 et 28 mm par décennie, ce qui équivaut à 10 % du cumul mensuel moyen. Figure 8 : Tendance par décennie depuis 1965 du cumul des pluies enregistrés en avril en Nouvelle-Calédonie pour un ensemble de 20 stations. À l’échelle saisonnière, qu’il s’agisse de la saison chaude et pluvieuse (janvier-février-mars), de la saison fraîche (juillet-août) ou de la saison sèche (septembre-octobre), les séries de données ne mettent en évidence aucune tendance significative. *L’absence de significativité statistique ne veut pas dire qu’il n’y a aucune tendance réelle ; cela peut signifier que si la tendance existe, elle ne peut pas être distinguée de la variabilité d’une année à l’autre, parce que les variations interannuelles sont grandes par rapport à la tendance et/ou parce que la série de données n’est pas encore suffisamment longue.
Précipitations extrêmesLes journées très pluvieuses (> 50 mm) sont fréquentes en Nouvelle-Calédonie et peuvent survenir été comme hiver. Leur fréquence au fil des ans est très variable comme l’illustre leur occurrence à l’aérodrome de Ouanaham sur l’île de Lifou (Figure 9). Aucune tendance significative n’est mise en évidence concernant l’occurrence des épisodes de fortes pluies en Nouvelle-Calédonie. Figure 9 : Nombre de jours où les pluies quotidiennes dépassent le seuil 50 mm à Ouanaham (commune de Lifou) depuis 1965.
La TRACCLes derniers rapports du GIEC (IPCC 2018, IPCC 2021) montrent que la plupart des impacts du changement climatique dans une zone donnée sont déterminés par le niveau moyen de réchauffement planétaire, indépendamment de la manière ou du moment où ce niveau est atteint. On peut ainsi évoquer, par exemple, le « climat de la Nouvelle-Calédonie dans un monde à +2 °C ». La Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique (TRACC) a été définie dans le cadre du nouveau Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3) et vise à définir un cadre commun pour les actions d’adaptation. Elle repose sur le constat scientifique (IPCC 2021) que le réchauffement moyen mondial dépend des émissions cumulées à l’échelle internationale (et non des seules politiques françaises) et que ce réchauffement a des effets régionaux et locaux. La TRACC s’appuie sur les engagements actuels des États en matière de réduction des émissions et les traduit en réchauffement global et territorial à trois échéances. Elle considère qu’en l’absence de mesures supplémentaires à l’échelle internationale, le réchauffement pourrait atteindre trois niveaux, dont les horizons temporels découlent des politiques mondiales actuelles. Ces niveaux sont définis comme suit : +1,5 °C en 2030, +2 °C en 2050 et +3 °C en 2100, par rapport à la température de référence de l’ère préindustrielle, estimée comme la température moyenne entre 1850 et 1900. Le réchauffement climatique variant spatialement, ces niveaux planétaires sont traduits en niveaux territoriaux pour chaque territoire français. Cette correspondance repose sur des méthodes statistiques dites de « contraintes observationnelles » et sur des données combinant modèles et observations (Ribes et al. 2021, Ribes et al. 2022, Corre et al. 2025). En Nouvelle-Calédonie, les niveaux territoriaux de la TRACC établis par Météo-France sont de +1,5 °C, +2,0 °C et +3,0 °C aux horizons 2030, 2050 et 2100, par rapport à l’ère préindustrielle (Figure 8). Ces valeurs, équivalentes à celle du réchauffement global, s’expliquent par le caractère insulaire du territoire et l’influence océanique. Ces niveaux doivent être considérés comme des cibles d’adaptation, et non comme des projections pour une période donnée. Figure 10 : Présentation de la TRACC en termes d’échéance et de niveau de réchauffement planétaire et territorial en Nouvelle-Calédonie. Quantifier les incertitudesLa prise en compte des incertitudes liées aux projections climatiques est essentielle pour définir des stratégies d’adaptation robustes en climat futur. Pour caractériser le climat aux différents niveaux de réchauffement de la TRACC pour la Nouvelle-Calédonie (TRACC NC), le jeu de données Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 repose sur 40 simulations climatiques globales ou régionales, descendues en échelle à une résolution de 2.5 km par 2.5 km sur le territoire dans le cadre de l'action Socle de projections climatiques pour l'outre-mer. Pour chaque niveau de réchauffement de la TRACC NC (Figure 8), on détermine l’année pivot à laquelle ce niveau est atteint dans chacune des 40 simulations. Pour intégrer la variabilité interannuelle à ce niveau de réchauffement, les indicateurs climatiques sont calculés sur les 20 années simulées autour de la date pivot (10 années avant et 9 après). Pour synthétiser les valeurs des indicateurs du jeu de données Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025, on utilise les notions de quantile et de médiane (Figure 9). Statistiquement, le quantile indique combien de valeurs d’une distribution sont supérieures ou inférieures à un seuil donné. Par exemple, 90 valeurs sur 100 dépassent le quantile 10 (q10), une sur deux est inférieure (ou supérieure) à la médiane (quantile 50, centre de la distribution) (q50), 10 sur 100 dépassent le quantile 90 (q90, dépassé dans 10 % des cas). On peut aussi compléter la description d’un jeu de données par ses valeurs extrêmes, présentées entre crochets. Cette approche peut être utilisée à la fois : • sur le plan spatial : la médiane indique la valeur inférieure (ou supérieure) atteinte sur la moitié du territoire de la Nouvelle-Calédonie. Elle est plus pertinente que la moyenne lorsqu’on observe des écarts dans certaines zones, ou pour des indicateurs fondés sur des seuils (nombre de jours au-dessus ou en dessous d’une valeur donnée). • sur le plan statistique, en considérant les 40 simulations sur chaque carré de 2.5 km de côté. Cette approche permet d’associer à un indicateur climatique une valeur médiane et une plage d’incertitude (borne basse et haute) définie par les quantiles des 40 simulations. Les q10 et q90 calculés à partir des médianes spatiales sur le territoire serviront ici à estimer des plages d’incertitude approximatives (q90-q10)/2. Figure 11 : Représentation sous forme de « boîte à moustaches » des valeurs prises par un ensemble de simulations à travers la médiane (trait rouge), les quantiles 10 et 90 (limites inférieures et supérieures de la boîte), et les quantiles 5 et 95 (« moustaches » de la boîte). Période de référenceAfin de refléter le climat actuel, la période de référence choisie pour le jeu de données Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 est 1991-2020. Le réchauffement observé en Nouvelle-Calédonie entre l’ère préindustrielle et la période 1991-2020 est estimé à +0.9°C.
Températures moyennes :Les hausses attendues de la température moyenne annuelle en Nouvelle-Calédonie, par rapport au passé récent 1991-2020, sont (Tableau 2) : • +0,6 °C à l’horizon TRACC 2030 • +1,1 °C à l’horizon TRACC 2050 • +2,1 °C à l’horizon TRACC 2100
Tableau 1 : Ligne 1 : niveaux de réchauffement planétaire par rapport à la période préindustrielle 1850-1900. Lignes 2 et 3 : niveaux de réchauffement correspondants en Nouvelle-Calédonie par rapport aux périodes pré-industrielle et 1991-2020 L’année chaude exceptionnelle de 2024 (+0,5 °C par rapport à la référence 1991-2020), quatrième année la plus chaude depuis le début des mesures, deviendrait une année normale à l’horizon 2030 de la TRACC, tandis que l’année 2022, année la plus chaude (+1,2 °C), deviendrait la norme à l’horizon 2050 de la TRACC. Températures extrêmes :Dans le passé récent 1991-2020, les jours chauds (pour la Nouvelle-Calédonie : températures maximales supérieures ou égales à 32 °C) concernaient principalement les communes de la côte ouest et dans une moindre mesure l’île de Lifou (Figures 12, 13). À mesure que le climat calédonien se réchauffe, la fréquence des jours chauds augmente sur toutes les communes. Cette hausse est importante dès +1,5 °C : par rapport au climat récent le nombre moyen de jours chauds augmente de 50 % sur la côte ouest, 100 % sur la côte est et les Loyautés. La progression se fait de la côte sous le vent à la côte au vent, quelle que soit l’île considérée (Grande Terre, Lifou, Maré). A +3 °C, c’est quasiment tout le territoire calédonien qui connaît chaque année au moins une journée à plus de 32 °C, à l’exception notable des sommets (Monts Panié, Humboldt) qui restent épargnés par de tels niveaux de chaleur. Sur la côte ouest le seuil de 32 °C est par endroit dépassé la moitié de l’année. Figure 12 : Distribution du nombre annuel de jours chauds (températures maximales supérieures ou égales à 32 °C) en Nouvelle-Calédonie (médiane spatiale) dans l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025, pour le climat récent 1991-2020 et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement. Figure 13 : Carte du nombre annuel de jours chauds (températures maximales supérieures ou égales à 32 °C) sur la période 1991-2020 selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 en Nouvelle-Calédonie. Figure 14 : Cartes du nombre annuel de jours chauds (températures maximales supérieures ou égales à 32 °C) en Nouvelle-Calédonie selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement. Dans le passé récent 1991-2020, les nuits chaudes (pour la Nouvelle-Calédonie : températures minimales supérieures ou égales à 24 °C) concernaient la pointe Nord de la Grande Terre, les îles Loyauté au premier rang desquelles Ouvéa, et dans une moindre mesure la frange littorale de la Grande Terre (Figures 15, 16). Avec le réchauffement, la fréquence des nuits chaudes augmente fortement. Sur le littoral de la Grande Terre, quand le climat se réchauffe de +1,5 °C, la fréquence des nuits chaudes double par rapport au climat passé. Figure 15 : Distribution du nombre annuel de nuits chaudes (températures minimales supérieures ou égales à 24 °C) en Nouvelle-Calédonie (médiane spatiale) dans l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025, pour le climat récent 1991-2020 et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement.
A 3,0 °C la fréquence des nuits chaudes est multipliée par 4, voire 5. On note aussi qu’avec le réchauffement le seuil de chaleur nocturne gagne petit à petit l’intérieur des terres, notamment sur la Grande Terre où seuls sont épargnés les points les plus hauts de la chaîne centrale. Figure 16 : Carte du nombre annuel de nuits chaudes (températures minimales supérieures ou égales à 24 °C) sur la période 1991-2020 selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 en Nouvelle-Calédonie. Figure 17: Cartes du nombre annuel de nuits chaudes (températures minimales supérieures ou égales à 24 °C) en Nouvelle-Calédonie selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement.
Précipitations moyennesLe cumul de pluies annuel (Figure 18) demeure proche de la valeur de référence 1991-2020 (évolution de la médiane spatiale <5 % en valeur absolue) quel que soit le niveau de réchauffement considéré. Qu’il s’agisse de la côte ouest de la Grande Terre, la moins arrosée, aux régions les plus humides comme les massifs montagneux du Panié ou du Humboldt, en passant par la côte est ou les Loyautés (Figure 19), il n’y a pas de tendance claire (figure 20). Aucune zone du territoire n’est soumise à une tendance qui fasse consensus entre les modèles. L’évolution des précipitations est marquée par des alternances entre des années et des décennies, plus pluvieuses qui succèdent à des périodes plus sèches, sans véritable tendance, ni à la hausse, ni à la baisse. Figure 18 : Distribution du cumul de précipitations annuel (en anomalie relative par rapport au passé récent 1991-2020, en %) en Nouvelle-Calédonie (médiane spatiale) dans l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement. Figure 19 : Carte du cumul annuel de précipitations sur la période 1991-2020 selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 en Nouvelle-Calédonie. Figure 20 : Cartes du cumul annuel de précipitations (en anomalie relative par rapport au passé récent 1991-2020, en %) selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement. Les hachures délimitent les zones où moins de 80 % de modèles sont en accord sur le signe de l’évolution.
Sécheresse hydrologiqueLes précipitations observées pendant l’hiver austral conditionnent la sévérité de l’étiage* sur l’ensemble de la Grande Terre (Frysou, 2008). Dans le passé récent 1991-2020, la répartition spatiale des pluies de juin à août est représentée sur la figure 19 et montre un contraste entre les côtes est et ouest de la Grande Terre. À cette disparité s’ajoute en hiver un contraste nord-sud dû aux perturbations en Mer de Tasman qui apportent des pluies préférentiellement sur le quart sud-ouest de la Grande Terre. Pour le niveau de réchauffement le plus élevé (+3,0 °C), la majorité des simulations de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 indiquent une diminution du cumul de précipitations (figure 23). Cette baisse atteint – 15 % environ pour la médiane. L’assèchement est significatif sur la côte ouest de la Grande Terre (zone non hachurée – figure 22). Pour des niveaux de réchauffement moindres, la baisse est trop faible pour être significative au regard de la variabilité des précipitations et de l’incertitude liée à la modélisation (Figure 23). Dans un climat à +3.0°C, l’assèchement des cours d’eau serait plus marqué sur la côte ouest de la Grande Terre, restreignant la ressource en eau pour l’adduction en eau potable, les usages agricoles et la biodiversité dulçaquicole. * L’étiage désigne la période de l’année où les débits d’un cours d’eau sont les plus bas ; il survient généralement entre octobre et novembre sur la Grande Terre. Figure 21: Carte du cumul de précipitations pendant l’hiver austral (juin à août) sur la période 1991-2020 selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 en Nouvelle-Calédonie. Figure 22 : Cartes du cumul de précipitations (en anomalie relative par rapport au passé récent 1991-2020, en %) pendant l’hiver austral (juin à août) selon la médiane de l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement. Les hachures délimitent les zones où moins de 80 % de modèles sont en accord sur le signe de l’évolution. Figure 23 : Distributions du cumul de précipitations (en anomalie relative par rapport au passé récent 1991-2020, en %) de juin à août en Nouvelle-Calédonie (médiane spatiale) dans l’ensemble Nouvelle-Calédonie_SocleOM-climat-2025 pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030, 2050 et 2100, respectivement.
Le nombre de cyclones à l’échelle du bassin sud-ouest du Pacifique continuera de fluctuer fortement d’une année sur l’autre (Knutson et al, 2020, Cattiaux et al. 2020) et on n’attend pas une augmentation du nombre de phénomènes (Dutheil et al 2020). L’intensité moyenne d’un cyclone, définie par le maximum de vent atteint au cours de son cycle de vie, est prévue augmenter dans un climat qui se réchauffe (Knutson et al, 2020, Cattiaux et al. 2020). Les simulations indiquent aussi une hausse des pluies cycloniques d’autant plus marquée que le réchauffement est fort.
Dutheil and Coauthors, 2020: Impact of projected sea surface temperature biases on tropical cyclones projections in the South Pacific. Sci. Rep., 10, 4838, https://doi.org/10.1038/s41598-020-61570-6. Frysou, O. (2008). Caractérisation des régimes d’étiage en Nouvelle-Calédonie , Rapport de la Direction des affaires alimentaires, vétérinaires et rurales (DAVAR) de la Nouvelle-Calédonie, 184 p. https://davar.gouv.nc/ressource-en-eau-mesures-et-etudes-etudes/les-etudes-hydrologiques IPCC, 2018: Global Warming of 1.5°C. An IPCC Special Report on the impacts of global warming of 1.5°C above pre-industrial levels and related global greenhouse gas emission pathways, in the context of strengthening the global response to the threat of climate change, sustainable development, and efforts to eradicate poverty. Cambridge University Press, Cambridge, UK and New York, NY, USA, pp. 3-24, doi:10.1017/9781009157940.001 IPCC, 2021. Climate Change 2021: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA. doi:10.1017/9781009157896. PNACC-3 : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/20241025_DP_PNACC3.pdf Ribes, A., Boé, J., Qasmi, S., Dubuisson, B., Douville, H., and Terray, L., 2022, An updated assessment of past and future warming over France based on a regional observational constraint. Earth Syst. Dynam., 13, 1397–1415. doi.org/10.5194/esd-13-1397-2022 Ribes, A., Qasmi, S., and Gillett, N. P., 2021, Making climate projections conditional on historical observations. Sci. Adv., 7, eabc0671. doi.org/10.1126/sciadv.abc0671 |
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